Choix technique
Choisir un carrelage : ce qui compte vraiment
Le local avant le carreau, et le classement UPEC
Un carrelage se choisit d'abord selon l'usage de la pièce, et cet usage se traduit
par un classement technique : le classement UPEC. Ses quatre lettres décrivent la
résistance attendue à l'usure due à la marche (U), au poinçonnement des charges et du
mobilier (P), à l'eau et à l'humidité (E) et aux agents chimiques et produits tachants
(C), chacune assortie d'un indice. Une entrée de maison de campagne, une cuisine et une
chambre n'appellent pas les mêmes indices. Un carreau prévu pour une chambre et posé
dans une entrée s'usera visiblement en quelques années, sans qu'il y ait eu le moindre
défaut de pose. Nous vous orientons vers des références cohérentes avec la pièce, pas
seulement avec la photo du catalogue.
La résistance au glissement, en extérieur et en salle d'eau
Les revêtements sont classés selon leur résistance au glissement, mesurée par des
méthodes normalisées qui distinguent l'usage pieds chaussés de l'usage pieds nus : on
parle couramment de classement R pour le premier et de classement en lettres A, B et C
pour le second. Une plage de piscine, une douche de plain-pied, un cheminement extérieur
ou un escalier demandent un classement adapté. C'est un critère de sécurité concret,
presque toujours relégué derrière le choix esthétique, et c'est pourtant celui dont on
se souvient le jour où quelqu'un tombe.
Les grands formats
Les carreaux de grand format sont exigeants. Ils ne pardonnent aucun défaut de
planéité du support, imposent un double encollage (colle peignée sur le support et au
dos du carreau), un mortier-colle adapté, souvent un système de nivellement maintenu
pendant la prise, et une manutention à deux. Ils sont superbes dans une pièce préparée
pour eux ; ils sont une source d'ennuis sur un sol ancien non repris. Nous le disons
avant la commande, pas après la livraison.
Joints de fractionnement, de dilatation et joints périphériques
Un sol carrelé travaille : il se dilate avec la chaleur, il suit les mouvements du
support et il doit pouvoir bouger sans contrainte. C'est le rôle des joints, et c'est la
première cause de désordre quand ils manquent. Le joint périphérique, souple, sépare le
carrelage des murs et se dissimule sous la plinthe. Les joints de fractionnement
découpent les grandes surfaces en panneaux indépendants. Enfin, les joints de dilatation
de la structure doivent obligatoirement être repris à l'identique dans le revêtement, et
ne jamais être carrelés par-dessus. Le DTU fixe les surfaces au-delà desquelles le
fractionnement s'impose, avec des seuils nettement plus contraignants en extérieur qu'en
intérieur, et des règles particulières sur plancher chauffant. Un carrelage sans joints
est plus élégant le jour de la réception ; il fissure en ligne droite ensuite.
Terrasse sur plots ou terrasse collée
Sur plots, les dalles reposent sur des supports réglables en hauteur, sans colle et
sans joint. L'eau traverse et s'évacue sous les dalles, la lame d'air ventile, le
rattrapage de niveau est simple et l'ouvrage reste démontable pour accéder à un réseau
ou à une étanchéité. Cette solution demande des dalles spécifiquement prévues pour la
pose sur plots, plus épaisses, et une attention particulière aux rives, aux angles et
aux abords des garde-corps. La pose collée sur dalle béton donne au contraire une
surface solidaire, sans jeu ni bruit sous le pas, plus confortable pieds nus autour d'un
bassin, mais elle exige un support sain, une pente correcte et des joints de
fractionnement. Dans la pratique, le niveau fini imposé par vos seuils de porte tranche
souvent la question à lui seul.
Plages de piscine
Une plage de piscine cumule les contraintes : pieds nus, sol mouillé une bonne partie
de la belle saison, exposition au gel l'hiver, et contact répété avec une eau traitée au
chlore ou par électrolyse au sel, qui marque certaines pierres calcaires et attaque
certains joints. La pente doit renvoyer l'eau vers l'extérieur du bassin et non vers
lui, les margelles doivent être stables et sans arête vive, et le matériau doit rester
supportable pieds nus en plein soleil, ce qui écarte en pratique les teintes les plus
sombres. Nous abordons ces points avant le choix du matériau, parce qu'aucune qualité de
pose ne rattrape une pierre inadaptée.
Tomettes, terre cuite et sols anciens
Beaucoup de maisons du Tarn-et-Garonne conservent des sols en tomettes ou en terre
cuite. Ces matériaux poreux se nettoient, se réparent et se protègent par un traitement
adapté plutôt que de se remplacer. Quand une partie seulement est dégradée, une reprise
avec des éléments de récupération de teinte proche donne un résultat que le remplacement
intégral ne rattrape jamais. Nous privilégions cette voie chaque fois que le sol le
permet, y compris quand elle nous fait vendre moins de mètres carrés.
Plancher chauffant
Un carrelage posé sur plancher chauffant impose un cycle de mise en chauffe puis
d'arrêt avant la pose, un mortier-colle adapté aux dilatations, des joints de
fractionnement respectés et un joint périphérique qui ne doit jamais être bloqué par la
plinthe. Sauter l'étape de mise en chauffe fait gagner quelques jours au planning et
provoque des décollements durables : c'est l'un des raccourcis les plus fréquents et les
plus coûteux du métier.